Au bonheur de Sophie

Publié le par Martin Mosnier

 

A Bardonecchia, lors des Jeux de Turin, Sophie Rodriguez s’est classée 13e dans l’épreuve de half-pipe. Âgée de 17 ans, cette jeune prodige du surf français semble destinée à un avenir doré.

 

Sophie Rodriguez va vite, très vite, et prend un malin plaisir à brûler les étapes. À 8 ans, elle débute le surf : « Mon père tenait absolument à ce que j’ai ma troisième étoile alors que le ski ne m’attirait pas ». Une fois lancée sur sa planche, la jeune fille ne veut plus s’arrêter. À 12 ans, ce n’est pas le collège qui l’attend mais bien le circuit senior de half-pipe. Conséquence logique : dès 17 ans, la jeune Crolloise participe aux Jeux olympiques de Turin qu’elle considère comme « une consécration pour toute carrière sportive ». Une consécration pour le moins précoce d’une carrière déjà riche en titres. Double championne du monde junior de half-pipe et de boardercross en Suisse l’an dernier, elle ne perd pas de temps. Volontiers tête brûlée, elle glisse de victoires en succès. Une jeunesse dorée qui ne doit rien au hasard. Un père, président du comité Dauphiné des sports de neige, surfeur de surcroît et une station des 7 Laux où elle peut assouvir sa passion. Il n’en fallait pas plus pour qu’elle se destine au haut niveau.

 

Un accident en Suède, l’an dernier, la freine dans son élan : cinq heures de coma suite à une lourde chute dans une épreuve de boardercross, course de haute voltige où tous les coups sont permis. Grosse frayeur et prise de conscience. Sophie se consacre désormais au half-pipe. L’insouciance a laissé place à la prudence : « L’accident m’a quand même bien calmé. Disons que je prends moins de risques inconsidérés maintenant », concède-t-elle. Mais le doute n’est pas permis, l’ascension se poursuit : 4e au classement provisoire de la coupe du monde de half-pipe 2005-2006 avant cette épreuve du 13 février à Bardonecchia, dans le Piémont italien. Les Jeux ne sont définitivement pas une compétition comme les autres. Que l’apprentissage fut difficile pour la jeune Iséroise  ! Sophie échouait, en effet, à deux reprises à quelques points de la qualification pour la finale et se contentait de la 13e place. Elle repart donc amère de Turin et attend désormais Vancouver pour décrocher le titre olympique.

 

Autre échéance mais même objectif : la réussite. En cette fin de saison, les obligations liées à son jeune âge la rattraperont avec, en point de mire, le baccalauréat : « moins passionnant mais tout aussi important ». Et si Sophie compose comme elle glisse, le résultat final sent bon la mention.

 

Toujours en avance sur son âge, elle envisage déjà sa reconversion : puéricultrice mais « pas avant la trentaine ». Cela tombe bien, en 2018, Sophie aura 29 ans. Elle promet que si les Jeux ont lieu à Grenoble, elle y participera avant de raccrocher son surf. Un dernier défi en guise de bouquet final.

 

Martin MOSNIER

 

 

 

 

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Publié dans Portrait

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