Le feu et la glace

Publié le par Martin Mosnier

Isabelle Delobel et Olivier Schoenfelder, couple de danse sur glace, attendent leur heure depuis longtemps. Lyonnais d’adoption comme leurs glorieux aînés Gwendal Peizerat et Marina Anissina, ils espèrent, eux aussi, goûter à la consécration olympique.

 

Rien ne semblait pouvoir les réunir. Elle, frêle jeune femme brune, est, selon les dires de son partenaire, « exubérante, dynamique et impulsive ». Un poids plume version pile électrique. Lui, grand gaillard blond, est plutôt du genre discret, calme et peu loquace. Pourtant, Isabelle Delobel, 27 ans, et Olivier Schoenfelder, 28 ans, forment aujourd’hui un jeune couple vieux de quinze ans. Un record de longévité pour le patinage français qui a de quoi surprendre. Quand Isabelle, à 10 ans, rêve devant les Duchesnay de podium olympique, Olivier patine pour le plaisir avec son père. Leurs chemins vont, pourtant, se croiser en 1990 à Lyon, lors d’un stage anodin. Ils sont unis par un talent indéniable. Un mariage arrangé qui fleure bon le succès : leur union est couronnée dés 1996 d’un titre de vice champion du monde junior. 

 

 

Complices de glisse, leur complémentarité s’est donc dessinée sur la glace au fil des titres glanés. Mais sur la glace seulement. Conjoints ? Sûrement pas. Amis ? Pas vraiment. « Collègues de travail », tranche Isabelle pour définir la relation qui l’unit à Olivier. En effet, lorsqu’ils déchaussent les patins, le duo n’a plus rien d’un couple. Si Olivier  réfère la quiétude de la peinture, la fougueuse Isabelle dépense son trop plein d’énergie dans les sports extrêmes (ski nautique, parapente). Quatrième aux derniers championnats du monde, consacrés comme les meilleurs danseurs en technique, leur réussite ne peut pourtant se résumer à une relation professionnelle. « Nous sommes animés par la même ambition, la même audace » concède Isabelle. Et Olivier de poursuivre : « On aime la prise de risque, on innove sans cesse quitte à se mettre en danger sur la glace. » Et lorsqu’ils glissent dans la même trace, ces deux-là peuvent atteindre des sommets. 

 

 

A Turin, la compétition sera ouverte. Le couple vise une médaille. Sûr que dans cet objectif, ils sauront se retrouver.

 

 

Martin MOSNIER

 

 

 

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Publié dans Portrait

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