"Pour une organisation alpine des Jeux"

Publié le par Jean-Jacques Féral

Le passage de la flamme olympique, le 6 février dernier, a été l’occasion pour Michel Destot d’annoncer officiellement la candidature grenobloise pour 2018. Entretien. Olympic mag : Qu’est-ce qui vous a décidé à faire revenir les Jeux Olympiques à Grenoble ?

 

Michel Destot : Dans un premier temps, nous étions candidats pour 2014. C’était au retour de Salt Lake City (2002), nous étions tous sous le charme des médaillés et nous nous sommes dit que Grenoble avait une carte à jouer.

 

Puis vous êtes passés à 2018, pourquoi ?

 

Paris se présentait pour 2012 et Bertrand Delanoë – maire de Paris – m’a demandé de ne pas faire ombrage. Il est évident que si Paris avait été désignée, nous ne nous serions pas présentés pour recevoir les Jeux deux ans après. Nous avons alors beaucoup discuté avec Henri Sérandour, le président du CNOSF (Comité national olympique et sportif français), et il est apparu qu’il fallait digérer l’échec de Paris. De plus, du fait de l’alternance des continents, l’Asie recevra vraisemblablement les Jeux en 2014.

 

L’échec de Paris est-il un avantage ou un inconvénient pour Grenoble 2018 ?

 

Je pense qu’il y a une notion de contrepartie dans la tête de certaines personnes au CIO. Toutes les grandes villes peuvent organiser des Jeux d’été. Ce n’est pas la même chose pour les Jeux d’hiver. Il faut une grande ville qui soit proche de la montagne. Et Grenoble est la plus grande ville de l’Arc alpin. L’inconvénient, c’est qu’il y a tout un travail à faire pour remonter la pente de l’échec parisien.

 

Quand vous parlez de villes de l’Arc alpin, vous pensez bien sûr à Gap et Annecy (1)…

 

Les Jeux de Turin accueillent 30 000 athlètes, sponsors, journalistes et un million de spectateurs. Quelle ville serait capable, si on ne veut pas de gâchis, de construire 30 000 logements et de les amortir plus tard sur une population importante ? Cela ne veut pas dire que les autres villes ne sont pas légitimes. J’envisage d’ailleurs des associations sous une forme ou une autre. C’est l’occasion de réfléchir à une organisation alpine de ces Jeux.

 

Pensez-vous que les Grenoblois  seraient prêts à vous suivre dans ces investissements ? Deux jours après l’échec de Paris, on a fait un sondage et 72 % des Grenoblois ont répondu oui pour la première candidature de 2014. Les Jeux d’hiver contemporains sont désormais équilibrés donc il n’y aura pas de déficit à la charge de la ville. C ’est également l’occasion de réaliser en 10 ans de grands travaux. Si on ne fait pas les JO, il faudra 30 ans.

 

Que faisiez-vous le 6 février 1968 (2) ?

 

J’étais étudiant à Paris et j’ai regardé la cérémonie d’ouverture à la télé. Je préparais Mai 68 et je constituais mon stock de pavés…

 

Propos recueillis par Jean-Jacques FERAL

 

(1) Gap et Annecy sont aussi candidates pour accueillir les Jeux de 2018.

 

(2) 6 février 1968 : jour d’inauguration des Jeux de 1968.

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