Cherie: « Il y a six mois, les gens ne savaient pas que les JO étaient à Turin »

Publié le par Jean-Jacques Féral

Elle fait partie des nombreux volontaires italiens recrutés par le TOROC pour faire tourner la gigantesque machine des Jeux olympiques de Turin. Un goutte dans un océan certes, mais une goutte de passion en plus.

 

Cherie Flaval, 18 ans, a décidé de « sacrifier » ses vacances scolaires pour participer aux Jeux. Assise devant deux patins à glace géants, à l'entrée du Palacio Palavela, elle attend le début des épreuves de short-track de la journée. Emmitouflée dans son uniforme jaune, rouge et bleu « Turin 2006 », elle remplit dès le premier contact sa première mission de volontaire : être souriante et disponible. « Je suis photo-assistante. Mon travail consiste à fournir les clichés des photographes officiels au Media Center », explique-t-elle un peu timide. Il faut dire qu'une charte contraint les volontaires à répondre le moins possible aux sollicitations des médias. « C'est vraiment très intéressant d'être au contact des professionnels et du public ». Un peu plus loin, les premiers spectateurs commencent à se masser autour des nombreux chapiteaux à l'effigie d'un célèbre soda américain.

 

« Je suis une véritable passionnée des sports d'hiver et quand j'était petite je rêvais d'être sportive de haut niveau. Maintenant je suis volontaire. Je participe quand même aux Jeux mais d'une autre façon », confie cette lycéenne originaire du Val d'Aoste. « J'aurais bien aimé être volontaire du côté de Bardonecchia[1] mais je n'avais pas de possibilités de logement ». Dommage. Elle se rattrape quand même Turin.

 

Si la grande fête est désormais bien lancée, les Turinois ont pourtant eu du mal à se mettre dans l'ambiance. « C'est vrai que les Jeux ont mis du temps à se lancer. Bien sûr, il y a eu les désagréments causés par les grands chantiers, il a fallu consentir de gros investissements car l'image de la région en dépendait » souligne-t-elle dans un très bon français. Et en ce qui concerne l'engouement autour des Jeux « ça dépendra des athlètes italiens. Si on obtient beaucoup de médailles alors le public suivra ». Quant aux nombreuses péripéties arrivées à la flamme sur son parcours en Italie, elle a son opinion. Celle d'une amoureuse des Jeux. « Ce qui s'est passé ne contribue pas au bon rayonnement de la région et même du pays. Mais maintenant tout est arrangé ». Le monde afflue désormais devant les grilles. Le va-et-vient des autobus est maintenant continu. C'est désormais l'heure pour elle d'entrer dans l'enceinte sportive pour guider les premiers photographes.

 

Et si les Jeux ne sont pas uniquement une affaire de sponsors mais aussi un océan de sourires c'est bien grâce aux 20 000 gouttes passionnées versées des volontaires de tous âges et de toutes conditions.

Jean-Jacques FÉRAL

[1] Bardonecchia accueille les épreuves de surf

 

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Publié dans Portrait

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