Des efforts incontestables ont été effectués pour placer les Jeux de Turin sous le signe du développement durable. Même les Verts du Piémont sont séduits.
Il fallait bien arrondir les angles. Les XXe Jeux Olympiques ont été l’occasion pour Turin de s’offrir une véritable cure de jouvence. Un ravalement de façade coûteux mais nécessaire. La venue des JO a permis de convertir les vieilles gloires industrielles en structures modernes placées sous le signe du design mais surtout du développement durable. C’est en tout cas ce que souligne à tout va le Toroc (Comité d’organisation). A Turin, le Village olympique a été construit sur les anciens Mercati Generali, des Halles qui datent de 1934. Au total, 700 appartements sont entièrement dédiés aux athlètes et à leurs accompagnateurs. Et comme pour coller à l’air du temps, cette résidence a été construite en suivant les critères chers à la bioarchitecture. Le Village principal de Turin, par exemple, a été conçu de façon à limiter ses impacts sur l’environnement : panneaux solaires pour chauffer l’eau, surfaces vitrées orientées vers le sud pour un meilleur ensoleillement en hiver, utilisation de lampes à basse consommation et collecte des eaux de pluie pour l’arrosage des espaces verts. Le Toroc affirme ainsi réaliser une économie d’énergie et une diminution des émissions de substances polluantes d’environ 60 %. Après les Jeux, cette résidence devrait devenir une cité universitaire. Pour les deux autres Villages olympiques aménagés sur les sites de compétition (Bardonecchia et Sestriere), c’est la même chose. On privilégie la reconversion. Ces efforts ont tout pour plaire. Même la Federazione dei verdi (Les Verts italiens) est séduite. « Le fait que les résidences pour les athlètes aient été construites en prenant en considération le respect de l’environnement est très intéressant. Cela dit, nous restons très vigilants sur la valorisation des constructions après les Jeux », explique Christina Spinoza, de la Fédération piémontaise des Verts. « Bien sûr, un tel événement va provoquer un afflux de population supplémentaire. L'impact sur l'environnement n’est pas nul, mais il faut également prendre en considération les aspects économiques. Des emplois vont être créés grâce aux Jeux et c’est une très bonne chose », souligne-t-elle. Reste un bémol à apporter. La voiture reste quand même le moyen de transport le plus pratique pour se rendre sur les sites en montagne, très éloignés les uns des autres.
J-J F (à Turin).
Légende photo: Le Village olympique de Turin construit sur les anciens Mercati Generali (J-J.F/Olym pic mag)