Un mirage touristique?
Les Hautes-Alpes auraient tort de ne pas profiter de la publicité que pourrait leur apporter les JO de Turin. Au risque cependant de transformer la région en cité dortoir pour fans olympiques.
Dans le Briançonnais, les spéculations sur les JO de Turin vont bon train. Pour les uns il ne faut pas en parler, pour les autres, c’est une occasion à ne pas manquer. Si l’évocation des Jeux Olympiques fait rêver avec des images de médailles et d’exploits, la réalité peut être toute autre : embouteillages, prix exorbitants, etc. Pour les tranquilles stations des Hautes-Alpes, ces XXe JO d’hiver risquent de devenir un vrai casse-tête. Ils tombent pendant les vacances scolaires, période où les stations tournent à plein. Miser sur les JO, c’est risquer de perdre une clientèle fidèle tentée de fuir l’effervescence olympique.
A Montgenèvre, ville frontalière, retenue en partie pour une épreuve de biathlon, la question ne se pose pas. En février, la station se mettra aux couleurs des JO. A Serre-Chevalier, la situation est plus compliquée. Le surplus des spectateurs devrait y loger, mais que faire pour les retenir sur place ? « Pour nous, il s’agit de ne pas faire les mêmes erreurs qu’Albertville en 1992 qui avait été désertée par les vacanciers », affirme le directeur de l’Office du tourisme de Briançon. Il ne faudrait pas que la région devienne un repoussoir en connaissant une flambée des prix.
Selon la majorité des directeurs d’Office du tourisme de la région, les hôteliers, grands gagnants des JO, ont l’air de jouer le jeu. « Bien sûr, certaines structures veulent profiter de l’apport financier des JO en multipliant leur prix par trois et en réservant leur hôtel uniquement à
Pour le gérant de l’hôtel Plein Sud de Serre-Chevalier 1450, ces pratiques n’ont pas lieu d’être. « Je travaille sur le long terme, donc j’ai privilégié ma clientèle fidèle. Avec mon hôtel qui affiche complet toutes les saisons, vous me voyez refuser mes chambres aux habitués pour un événement qui ne va durer qu’un mois ? »
Le public des JO, si aisé et nombreux soit-il, n’est pas là pour profiter des stations locales. Le spectateur type part tôt le matin, revient tard le soir, sans rien voir de
Jean-François Béné, directeur de l’Office du tourisme de Serre-Chevalier, espère « une saison comme les autres». Selon lui, « la station doit se concentrer sur son travail et ne doit pas se laisser entraîner par les JO : Serre-Chevalier doit communiquer sur ses propres couleurs, pas celles des Italiens ».
Les communes sont partagées entre animations olympiques « pour que les gens se sentent aux portes des JO » et accueil des vacanciers comme si de rien n’était.
P. B