Le "golden boy" de Chamrousse

Publié le par Jean-Jacques Féral

Grenoble 1968. Jean-Claude Killy remporte trois médailles d’or. Ses performances resteront gravées à jamais dans l’histoire des Jeux d’hiver.

 

Dossard 14. Ce numéro là, tous les concurrents alignés au départ de l’épreuve de descente du 9 février 1968 l’ont vu de loin. « King Killy », comme l’avaient surnommé les Américains, a raflé trois médailles d’or sur les pentes de Chamrousse. La descente, puis le slalom géant et enfin le slalom. Historique, inédit, incroyable… Les superlatifs manquent. Pourtant, Jean-Claude Killy se présente aux JO fatigué, usé par une saison 1967 quasi parfaite et un titre de champion du monde obtenu à Portillo en 1966. Sous pression, Killy cherche à s’isoler de l’effervescence. Il fait monter un cordon de CRS autour du chalet de l’Équipe de France situé à Roche-Béranger (à deux pas de Chamrousse).

 

Puis, le déclic se produit. Au terme d’une séance d’entraînement, Bob Beattie, le coach des Etats-Unis, l’informe, discrètement, qu’il avait mis tout le monde à une 1’5’’ dans les derniers virages. « Je venais de comprendre que la tendance était en train de s’inverser, que je sauverai finalement ma peau », lâchera-t-il plus tard.

 

Le fameux 9 février 1968 arrive. Guy Périllat, son camarade d’équipe de France s’élance en premier. Au terme d’une bonne course, il est virtuellement champion olympique. Le seul skieur capable de le désarçonner surgit alors de la boîte de départ comme une furie. « King Killy » prend tous les risques dans les virages et dans les sauts. A l’arrivée, il devance Périllat pour huit centièmes de seconde. Le chrono : 1’59’’85. Complètement libéré, il met tout le monde d’accord en slalom et en slalom géant. A 25 ans, il est considéré comme le plus grand skieur de tous les temps. C’est pourtant à ce moment-là qu’il mettra fin à sa carrière. « L’obsession de gagner des courses m’avait passée, je voulais découvrir autre chose ». Une nouvelle carrière dans les affaires s’offre alors à lui. Tout ce qu’il touche, il le transforme en or. Mais le sport le rattrape. Lorsque La France se porte candidate pour les Jeux d’Albertville (1992), c’est sans hésitation que le Comité d’organisation se tourne vers le « golden boy » de Chamrousse. Là encore, c’est le succès. La candidature parisienne pour 2012 a eu un destin beaucoup moins heureux…

 

Actuellement président de la Commission de coordination du CIO pour les JO de Turin, son amour pour les Jeux est toujours aussi fort. Et Grenoble 2018 alors ? Et si la flamme olympique venait à nouveau réchauffer le coeur du parc Paul Mistral cinquante ans plus tard ? La boucle serait enfin bouclée.

 

Jean-Jacques FÉRAL

 

 

Source : Hors-série Alpes loisirs. Les Jeux Olympiques de Grenoble, 1968-1998 : l’album anniversaire.

 

 

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Publié dans C'était en 68

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